Le champignon aussi a son jargon qu’il est bon de réviser pour éviter de se tromper. Nous vous proposons ici un petit test informel et sans conséquence (l’exercice n’est pas noté !) pour faire le point sur ce que nous savons ou pensons savoir sur le champignon en général et sur la mérule en particulier. Vous êtes prêt ? 3, 2, 1, 0 ! GO

 

Question 1 : vous diriez « LA mérule » ou « LE mérule » ?  

Serpula lacrymans est le nom latin de ce champignon xylophage. Littéralement « Mérule pleureuse » ; son genre est féminin, il faut donc dire LA mérule.

 

Question 2 : on lit souvent sur les documents officiels « diagnostic parasitaire », « état parasitaire du bâti… »… MAIS…La mérule est-elle considérée comme un « parasite » ?

NON. C’est un abus de langage. Les champignons parasites se nourrissent de matière organique vivante, tandis que la mérule, qui est un champignon xylophage, se nourrit de matière organique morte (bois mort). Petites révisions… Il existe plusieurs sortes de champignons :

  • Les champignons parasites, qui vivent aux dépens d’un être vivant et tirent parti de la matière organique. Ils sont assez redoutables et peuvent entraîner la mort de leur hôte.
  • Les champignons carnivores… ils capturent leurs proies – des petits vers – grâce à leurs filaments microscopiques
  • Les champignons mycorhiziens qui sont les plus nombreux. Ils vivent en symbiose avec d’autres êtres vivants, comme le lichen.
  • Les champignons saprotrophes comme la mérule qui vivent en dégradant la matière organique morte (cellulose, lignine).

 

Question 3 : la mérule est aussi appelée « la rougeole » des maison. Vrai ou faux ?

Faux, mais il y a bien une histoire de maladie. La métaphore est en réalité bien plus cruelle : la mérule est appelée « la lèpre des maisons ». Comme cette maladie fortement contagieuse, la mérule détruit son « hôte ». Dans certains articles, la mérule est aussi comparée à un cancer, le « cancer du bâtiment »… Voilà qui en dit long sur ce champignon et les dégâts qu’il peut causer dans nos maisons.

 

Question 4 : vous avez remarqué la présence de champignons à la cave. Vous ignorez de quoi il s’agit et c’est peut-être un cas de mérule. Vous avez l’impression que la situation est contrôlable et vous décidez de gratter la surface et de la nettoyer à l’eau de javel. Bonne initiative ?

Très mauvaise initiative ! « Mettre propre », c’est pourtant un réflexe « propreté » que nous pourrions tous avoir.

  • Si vous grattez la surface, vous allez libérer les spores du champignon qui va ainsi se propager plus largement encore
  • L’eau de javel… la mérule adore ! Elle accélère même son développement…

Quatre choses à faire si vous rencontrez une telle situation :

  1. Prenez des photos de la zone infestée ; elles pourront donner de précieuses indications aux professionnels qui interviendront.
  2. Faites appel à un professionnel du traitement bois et de l’humidité qui vous permettra de poser un diagnostic fiable. Vous avez peut-être raison : si ça se trouve, ce n’est rien. Mais si c’est bien un cas de mérule, ou d’un autre champignon lignivore, il faut appliquer le traitement adéquat.
  3. S’il y a des champignons à la cave ou ailleurs, c’est qu’il y a probablement un problème d’humidité à proximité. Essayer d’en trouver l’origine et vous aurez résolu 50% du problème.
  4. Dans la mesure du possible, enlever de « casse-croûte » : les champignons xylophages apprécient les vieilles palettes posées au sol, les tas de bois, les piles de journées, les cartons, autrement dit tout ce qui contient de la cellulose.

 

Question 5 : la mérule serait un fléau du 21e siècle. Vrai ou faux ?

Faux. La mérule serait citée dans la Bible ; mais à dire vrai, nous n’avons pas vérifié. Dans tous les cas, si vous la croisez, ne faites pas appel à un prêtre mais bien à un professionnel du traitement bois et de l’humidité ! La mérule aurait autrefois fait de graves dégâts sur des navires.  Elle se développe particulièrement en France avec l’expansion des travaux d’isolation et d’étanchéité. Ces travaux, qui ont augmenté la condensation intérieure et dégradé l’aération naturelle, ont offert un terrain propice au développement de la mérule.

 

Question 6 : la mérule a besoin d’une température ambiante de 20°C pour se développer… vrai ou faux ?

Faux. La mérule se développe souvent dans des maisons abandonnées, non habitées et donc non chauffées, ou dans des caves qui atteignent difficilement des températures de 12° à 15° maxi. La chaleur n’a donc pas d’incidence notable sur le développement de la mérule. Elle croît très bien entre 5 et 26°.

 

Au sujet des champignons…Le saviez-vous ?

Le champignon n’est ni un animal, ni un végétal. Dans la biosphère, il a son propre règne, le règne fongique, au même titre que la faune, la flore, les procaryotes (êtres vivants unicellulaires comme les bactéries) et les prosites (espèces vivantes unicellulaires possédant un noyau).

Ce quizz a notamment été inspiré par l’ouvrage « Clé de détermination macroscopique mycologique » de la station d’études mycologiques des Hautes Vosges (SEMHV).